

Ci-dessous, une liste des portugais recensés, officiellement, sans sépulture à ce jour. Certains sont à l'étranger, d'autres à Richebourg, d'autres restés en place...et pour d'autres, malheureusement, le mystère reste encore entier.
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Ce sont plus de 55 000 soldats du CEP qui ont été envoyés sur le front français en 1917 et 1918 (sans oublier ceux partis pour l'Afrique où se trouvaient les anciennes colonies qu'étaient l'Angola, le Mozambique et le Cap-Vert). Parmi eux, 2280 ne seraient pas revenus (certaines sources donnent un nombre de victimes deux fois plus important). A ceux-là, on pourrait ajouter les blessés, les traumatisés, les victimes indirectes...
Celui qui recherche la tombe d'un soldat du CEP sera immanquablement, et quasi uniquement, dirigé vers le cimetière de Richebourg...sauf que tous n'y sont pas!
D'après le site de l'AHM, j'ai pu dénombrer 405 soldats considérés sans sépulture à l'heure actuelle. Certains d'entre eux sont cités ci-dessous suite à mes investigations.
Alors, pour compléter la liste de 1937 (seul document du cimetière disponible pour les familles orientées vers le cimetière) de Richebourg, Boulogne-sur-Mer et Anvers, vous trouverez ci-dessous un inventaire de quelques lieux où l'on compte encore des sépultures portugaises. J'ai reporté les noms ci-dessous tels que je les ai trouvés mais je vous mets aussi les pistes plus vraisemblables entre parenthèses. Bien sûr, si besoin d'aide, je peux aussi communiquer les n° de matricule, bulletins...mais, faute de temps, impossible pour moi de vous retranscrire ici toutes mes notes.
Attention, de mon point de vue (et malgré ce qui est indiqué et encore trop souvent réaffirmé ), la liste des cimetières d'origine de 1937 n'est pas le reflet exact des lieux où il y a effectivement eu des exhumations mais simplement celui des endroits où se trouvaient (ou trouvent encore) des sépultures portugaises. Il va sans dire que la différence est de taille...!
1- En France, dans les cimetières allemands de:
- Salomé: 2 soldats portugais inconnus, tombes 1686 et 1883
-Bauvin: 1 soldat portugais
Il s'agirait de la croix indiquant la mention "SILVER, prisonnier" avec une date de mort au 14/04/1918 (tombe 1807). S'agit-il de Silverio de Jesus Pires, matricule 46 938, disparu le 09/04/1918 après avoir été fait prisonnier?
2 - Bruges (attention, en Gironde -33, et non pas en Belgique) - emplacement 917 : Afonso do Carmo Alves, décédé le 17/06/1918 dans l'hôpital aux. n°1 bis. On m'a fait parvenir la photo de la stèle, son nom n'y figure pas mais c'est bien lui qui est indiqué sur la base du cimetière comme étant dans cette tombe. On peut y voir la mention : "L. COMBATENTES DA GRANDA GUERRA" qui fait référence à la Ligue portugaise des combattants de la Grande Guerre. Cette sépulture daterait des années 20, entre la création de cet organisme et son changement de nom pour "Liga dos Combatentes" au début des années 30 ( la précision de Grande Guerre ayant été par la suite supprimée) . Merci à Jo et à Michel pour les photos, déplacements et renseignements. Pour le Portugal, sur le site "virtualdefesa.pt" de l'AHM, il n'a officiellement pas de sépulture connue.
3- Metz: Joseph Gago (José Gago), mort le 16/04/ 1919, dans la nécropole de Metz-Chambières, tombe 1828. S'agit-il du soldat disparu de matricule 24 082 ?
Merci à Leuques pour les déplacements et les photos.
Pour le Portugal, il est considéré comme disparu alors qu'il y aurait eu des exhumations à Metz selon la liste de 1937. En réalité, l'exhumation du seul corps répertorié à Metz n'a jamais dû avoir lieu comme à Czersk (Pologne) et Harderwijk (Pays-Bas).
4 - Cherbourg: Joao da Silva, mort le 28/03/1919, dans le cimetière des Aiguillons (anciennement appelé de la Duché), division 7, rang 13, ligne 12. Merci à Mme E.H. qui a bien voulu me transmettre la photo.
Ici, c'est encore plus obscur puisque non seulement cette ville figure sur la liste des cimetières d'origine mais, en plus, on trouve un "Joao da Silva"(21 276) à Richebourg qui viendrait de Cherbourg. Qu'il y ait plusieurs homonymes de ce nom n'aurait rien de surprenant mais pourquoi tous n'auraient pas été ramenés? Ou alors, il s'agit de la même personne et une des tombes est vide. Dans la partie britannique du cimetière de Tourlaville ont pourtant été concentrés certains de Cherbourg, de Lison, de St Lô. Plus vraisemblablement, je pense à une autre piste, celle des marins, comme à Brest/Kerfautras. Dans les archives du CICR, on trouve la trace d'un marin portugais (natif de Grand-Bretagne) du nom de John Silva. En comparant différentes photos de la croix-épée, on voit que des éléments ont été changés: "Jono/Joas/Joao" ainsi que la date de mort: janvier ou mars 1919?
Le Portugal dénombrait 3 corps à Cherbourg, 21 dans le cimetière militaire de Tourlaville et 16 dans le cimetière communal de cette dernière commune; soit un total de 40 alors que d'autres sources donnent 41.
5 - En Angleterre, on trouve 13 tombes portugaises nominatives dans différents cimetières militaires mais tous ne sont pas des soldats. Certains étaient des "lenhadores" (bûcherons) qui ont contribué à l'effort de guerre et en sont morts.
Carlos Acurcio (Acursio), sans lieu de sépulture d'après le Portugal
Antonio da Silva Amorim
Francisco Bernardo, idem, sans lieu de sépulture d'après le Portugal
Joaquim Maria Brandao
Bento da Cruz, idem, sans lieu de sépulture d'après le Portugal
Manuel (de) Matos Junior, idem, sans lieu de sépulture d'après le Portugal
L Domingos
Manuel Ferreira Maio
J Da Costa
J Marques
J Ferreira
J Barretto
F Dais
Pour ceux qui le souhaitent, je peux transmettre les nom du cimetière, ville et emplacement (photo de la tombe aussi pour 11 des 13).
A savoir aussi qu'il y a 2 autres tombes portugaises dans des cimetières gérés par la CWGC, en Afrique: Manuel Chiote à Pemba au Mozambique et Palawi à Dar Es Sallam en Tanzanie.
6 - Il reste également 3 tombes aux Pays-Bas, à Amersfoort (comme pour l'Angleterre, je peux aussi transmettre les détails). Tous 3 seraient morts de grippe espagnole après avoir quitté les camps allemands pour rejoindre le Portugal. Ils n'ont jamais gagné Richebourg malgré ce qui est écrit noir sur blanc depuis tant d'années.
Louis Pinheyzo (Luis Pinheiro)
Carlos Alberto (da) Costa (il a été enterré en tant que soldat italien par erreur)
Dominiq Silva (Domingos Da Silva)
On m'a également fait parvenir une photo de José Domingos Imaginario à l'hôpital de Rotterdam avant son retour et son décès en France. Son corps est à Richebourg.
Les corps des 3 premiers ont été exhumés en septembre 1962 pour être transférés d'Harderwijk vers Amersfoort. Carlos Alberto da Costa n'a pas été transféré le même jour que ses 2 camarades portugais mais avec les italiens.
7 - En Pologne, 4 soldats portugais du CEP sont décédés entre octobre et décembre 1918. Ils étaient internés dans le camp de prisonniers ("Kriegsgefangenlager") de Czersk ainsi qu'à Stargard, alors en Allemagne.
Comme pour les Pays-Bas, il serait tout simplement mensonger de continuer à dire qu'ils en ont été exhumés dans les années 30.
Antonio Rato
Antonio Pinto (Parta) Duarte
Antonio "Correio" (Correia?): s'il s'agit bien d'un soldat dénommé Antonio Correia, je ne sais pas encore duquel il s'agit exactement (beaucoup d'homonymes et tous les bulletins ne sont pas forcément disponibles en ligne. Né en 1893 (originaire de "Laureiza, Covas"), il est décédé le 26/10/1918. Il aurait été serrurier de profession (à moins qu'il ne s'agisse de son emploi dans l'usine Schutt du camp) et était engagé dans la 4ème compagnie du 1er R.I.
8 - Je vais approfondir les recherches en Allemagne. Avant, de partager avec vous les diverses pistes envisagées, je vous donne quelques chiffres provenant de l'ouvrage allemand "Kriegsgefangene Völker":
7015 portugais du CEP auraient été faits prisonniers (6748 soldats + 267 officiers). Parmi eux, 164 y seraient morts (163 soldats + 1 officier).
https://archive.org/details/kriegsgefangene00kappg...
D'après mon décompte, un maximum de 130 / 135 militaires décédés en Allemagne auraient été ramenés vers Richebourg.
L'écart pourrait-il aussi s'expliquer par une éventuelle confusion sur un lieu où 35 ont perdu la vie? Limburg est classée parmi les villes d'origine belges alors qu'il s'agirait du camp de prisonniers allemand Limburg an der Lahn. Merci à M. Rapoye pour cette confirmation.
Ce delta est aussi peut-être à expliquer par le fait que des soldats travaillaient et mourraient pour l'Allemagne mais en dehors de l'Allemagne. Je poursuis mon pointage des "Gefangenenlisten, Lazarettlisten et Totenlisten" pour en avoir le cœur net et savoir si ces chiffres allemands comprennent ceux décédés dans les Kommandos hors d'Allemagne, en France par exemple.
Un site très intéressant au sujet des "Poilus" et, notamment, des camps de prisonniers:
http://histoiresdepoilus.genealexis.fr/index.php
Voici également le lien du Comité International de la Croix-Rouge pour la recherche des fiches des prisonniers.
https://grandeguerre.icrc.org/fr
A près leur sortie des camps de prisonniers en Allemagne, 20 soldats ont été hospitalisés aux Pays-Bas (source: Croix Rouge Néerlandaise) dans 4 hôpitaux différents. 3 y sont morts et y ont été enterrés, ce sont ceux qui sont cités ci-dessus.
9 - Quelques uns reposeraient aussi en mer (3 au moins pour le front français) :
Joao Batista Gonçalves Fontes, n° 64 427
José Duarte Novo, n° 15 741
Manuel Domingos, n° 261
Il s'aagit ici de soldats n'appartenant pas à la Marine et qui étaient en cours de rapatriement.
D'autres sont morts au Portugal (pendant une permission ou suite à leur retour après blessures, par exemple) et y sont enterrés (en dehors des 2 rapatriés de Richebourg, de l'inconnu de Batalha et de quelques cas de gradés pour lesquels les familles ont pu financer le transfert).
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Concernant la liste des 1882 sépultures de Richebourg, Boulogne et Anvers, elle est visible sur le site de la ville de Richebourg (dans le département du Pas-de-Calais - 62, et non pas dans le 78, 52, 77 ou 89...). Et c'est désormais la complète qui est publiée. Je peux aussi vous la transmettre sur demande.
Attention, cependant, car la liste généralement diffusée comporte une erreur: il manque une page entre la fin des "Desconhecidos" (inconnus) et les "Dias", des n° 644 à 671.
De mon point de vue, et sauf erreur de ma part, on y trouve également quelques "bizarreries" ...
Dans la liste des 149 cimetières français d'où seraient originaires une grande partie des corps inhumés à Richebourg, j'émets quelques doutes sur ces villes-là:
- Krusevica qui se trouverait en Serbie, Bosnie ou Macédoine et non en France:
- Mangré ( lieu-dit Maugré à Santes, près de Lille?, Verchain-Maugré?)
- Steenbrugge en Belgique à moins d'un homonyme français.
Par contre, on n'y voit pas Chartres d'où seraient arrivés 6 corps ni Mametz où 13 soldats auraient été enterrés initialement (sûrement regroupés avec Marthes).
Et, au delà des quelques coquilles sur ces noms de lieux, il me reste encore quelques mystères à éclaircir.
La ville, ou peut-être le lieu-dit, de Gef reste introuvable pour moi à ce jour. De même pour Laquer et Loiane (sûrement en rapport avec la rivière Loisne, à La Couture?).
Concernant Frasnes (en France, à confirmer...), là aussi, je me demande s'il s'agit de Fresnicourt, Frasnoy, Frasnes-les-Anvaing / Buissenal en Belgique, Frasne-sur-Escaut, Fresnes-lès-Montauban, Fresnes en région parisienne ou même Frasne dans le Doubs, Frasne-le-Château...
Suite à mes recherches du côté du Mans ("Les Mans" ?), j'ai découvert qu'il y avait eu là-bas, comme en Angleterre, des "lenhadores". Au moins l'un d'eux y est décédé : Antonio Mendes.
Je profite aussi de cette page pour remercier tous ceux qui ont pu m'apporter leur contribution d'une quelconque manière (renseignements, photos, disponibilité, recherche de tombes, liens divers et variés, soutien, remerciements...).