Albino de Sousa (de Souza à l'époque), caporal conducteur ("1° cabo condutor"), matricule n° 55 345, était un des frères de mon arrière-grand-père maternel.
Célibataire, il a embarqué de Lisbonne le 21 avril 1917 à l'âge de 23 ans, dans la "Companhia de Pontoneiros - Batalhao de Pontoneiros", pour combattre en France.
Parmi tous ceux engagés dans les alentours de la "freguesia" de Pelma ("concelho" de Alvaiazere - "distrito" de Leiria), il serait le seul qui ne serait pas revenu chez lui, au Portugal.
Après avoir été blessé le 08 avril 1918, il a été hospitalisé à St Venant, dans l'un des hôpitaux militaires portugais, et y est décédé le lendemain. Il fait donc sûrement partie des tout premiers blessés de la bataille de la Lys. Son bulletin indique qu'il a été blessé au combat mais rien n'est moins sûr puisqu'il était conducteur et qu'il servait en tant que "coursier". L'histoire raconte qu'il aurait été amputé d'une jambe.
Ce 09 avril 1918, il a été enterré dans la tombe n° 19 du cimetière de St Venant ( dans l'extension britannique, il semblerait) mais, à ce jour, sa tombe est introuvable, que ce soit là où il est mort comme à Richebourg.
Deux lieutenants sont également morts à St Venant à la même date, y ont été enterrés (par contre, sans précision du numéro de tombe) et se trouvent également dans la même situation. 7 autres sont, par contre, parvenus à Richebourg bien identifiés.
La moins mauvaise hypothèse, à l'heure actuelle, est qu'ils n'aient tout simplement jamais quitté St Venant.
Une cinquantaine d'autres seraient dans ce même cas et c'est pourquoi je me suis lancée dans la création de cette page.
Un autre membre de ma famille est parti de Lumiar pour le front français (le frère de mon autre arrière-grand-père maternel). Il s'agit de Manuel Dias Gomes, célibataire également lors de son départ, il a servi dans l'infanterie avec le matricule n° 42 663. Il a passé 15 jours en prison "correctionnelle" pour ne pas avoir signalé immédiatement la découverte d'une arme puis est revenu au pays le 13 février 1919. Contrairement à la très grande majorité des soldats, il a beaucoup communiqué sur le déroulement du conflit. Un grand merci à Gracinda, sa petite-fille, qui m'a transmis toutes ces informations en ce dimanche de fin février 2019. Peut-être m'en dira-t'elle plus prochainement...

La carte ci-dessus provient du site portugais du centenaire de la Grande Guerre (lien dans la page correspondante). Elle indique le nom de chacune des unités mobilisées dans l' "Engenheria" (ingénierie).